À quelques jours de l’Aïd Al-Adha, les terminaux de transport à travers le Royaume, avec Casablanca en épicentre, connaissent une affluence vertigineuse. Entre le désir viscéral de retrouver les siens et l’angoisse d’un pouvoir d’achat érodé, le voyage de cette année s’annonce chargé d’enjeux.
C’est un rituel immuable qui transcende les crises : des milliers de Marocains s’apprêtent à converger vers leurs villes et villages d’origine pour célébrer la fête du sacrifice en famille. Hespress a pu prendre le pouls de ce grand chassé-croisé, jeudi, à la gare routière Ouled Ziane de Casablanca, la plus grande du pays. Sur place, l’ambiance est à la fois frénétique et épuisante. Les quais se remplissent à vue d’œil, les bagages s’amoncellent, et la foule s’entasse dans un brouhaha caractéristique, rendu encore plus chaotique par les travaux d’aménagement qui s’éternisent. On s’interroge sur les départs, on s’impatiente sous la chaleur, mais une seule certitude demeure : il faut partir.
Cependant, derrière l’enthousiasme des retrouvailles, l’anxiété financière est palpable. Comme chaque année à pareille époque, l’épineux débat sur le prix des billets ressurgit, mais il résonne cette fois dans un contexte économique particulièrement tendu. D’un côté, les professionnels du secteur tentent de rassurer ; de l’autre, les associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme et exigent des contrôles drastiques.



