Le Maroc dispose de bases macroéconomiques solides, mais son modèle de croissance ne parvient pas encore à créer des emplois à la hauteur des besoins d’une population active en expansion. Combler cet écart est possible, à condition de mettre en œuvre des réformes structurelles coordonnées. C’est ce que souligne la Banque mondiale dans un nouveau rapport sur la croissance et l’emploi au Maroc, conçu comme une contribution aux ambitions du nouveau modèle de développement. Entre 2000 et 2024, la population en âge de travailler a augmenté de 47%, tandis que le nombre de personnes employées a progressé de 20,7% et le nombre de chômeurs de 19,7%. Le taux d’activité est ainsi passé de 53,1% à 43,5%.
L’économie marocaine a créé en moyenne 215.000 emplois de moins par an que nécessaire entre 2000 et 2024. Ce déficit est passé de 138.000 emplois par an dans les années 2000 à 208.000 dans les années 2010, avant d’atteindre 370.000 par an entre 2020 et 2024, une phase pourtant de croissance économique plus soutenue. Pour expliquer cet écart entre croissance et emploi, le rapport analyse la nature du modèle de croissance marocain. Depuis 2000, le pays a maintenu un taux d’investissement proche de 30% du PIB, un niveau élevé au regard des comparaisons internationales. Cette accumulation de capital a soutenu la croissance, mais sans gains de productivité suffisants.



