D’Avignon à rabat et Casablanca : Tendansia lance sa saison avec « rose royal » Le 23 septembre 2026 au théâtre Bahnini de rabat et le 24 septembre 2026 au studio des arts vivants de Casablanca

D’Avignon à rabat et Casablanca :  Tendansia lance sa saison avec « rose royal » Le 23 septembre 2026 au théâtre Bahnini de rabat et le 24 septembre 2026 au studio des arts vivants de Casablanca

Tendansia lance sa rentrée avec un spectacle rare : Rose Royal, seul-en-scène adapté de la nouvelle de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018, porté par Anne Charrier dans une mise en scène de Romane Bohringer. Deux représentations marocaines : mardi 23 septembre 2026 au Théâtre Bahnini de Rabat, mercredi 24 septembre au Studio des Arts Vivants de Casablanca.

Tendansia inaugure ainsi son année sur une signature claire : repérer les propositions qui font l'événement sur les scènes françaises et les amener au public marocain pendant qu'elles sont vivantes. Rose Royal coche toutes les cases. Créé au Festival Off d'Avignon, où le bouche-à-oreille a fait le reste, le spectacle a poursuivi sa route au Studio des Champs-Élysées à Paris. Il traverse aujourd'hui la Méditerranée avec sa distribution d'origine, pour deux soirs.

Le rideau se lève sur une femme et un comptoir. Rose a cinquante ans. Divorcée, mère de deux grands enfants, elle a depuis longtemps renoncé aux promesses. Sa vie tient dans un périmètre restreint : le travail, les enfants au téléphone, et le Royal : un bar de quartier où elle retrouve chaque soir ses habitudes, sa place et sa confidente. Rose y est chez elle. Elle observe, elle commente, elle rit beaucoup. Ce n'est pas une femme brisée : c'est une femme qui a appris à se protéger et qui s'en tire plutôt bien.

Puis Luc entre dans le cadre, et l'histoire semble reprendre son cours. Une rencontre, un projet de vie à deux, l'idée qu'à cinquante ans quelque chose peut encore commencer. Rose y consent, prudemment d'abord, puis tout à fait. Mais quelque chose, dans cette nouvelle vie, se resserre imperceptiblement. Le récit ne bascule pas d'un coup : il glisse. Et lorsque le spectateur comprend ce qui est en train de se jouer, il est déjà, comme elle, engagé trop loin pour reculer. Le dénouement qu'il n'est pas question de dévoiler ici referme la pièce sur une image dont on ne se défait pas facilement.

Ce déplacement du quotidien vers le suspense est la signature du texte d'origine. Nicolas Mathieu applique à une histoire intime la même attention aux vies ordinaires qui traverse son œuvre : la manière dont les rapports de force s'installent sans jamais se dire, dont la solitude façonne les gestes les plus banals. La forme brève de la nouvelle s'est révélée un matériau théâtral d'une efficacité redoutable.

C'est Anne Charrier qui a porté le projet jusqu'à la scène. La comédienne en signe l'adaptation avec Gabor Rassov et a choisi la solitude du plateau plutôt que la distribution. Elle est Rose, mais elle est aussi le bar, les voix qui l'entourent, la rumeur du dehors et la petite musique intérieure du personnage. Tout passe par elle, sans filet. La presse française a salué une interprétation « époustouflante ».

À la mise en scène, Romane Bohringer a fait le choix de la sobriété. Peu d'éléments, peu d'effets, une lumière qui accompagne sans commenter. Ce dépouillement n'a rien d'un renoncement : il concentre l'attention sur l'interprète et laisse la tension monter d'elle-même, par accumulation de détails plutôt que par coups de théâtre. De quoi valoir au spectacle sa réputation de « seul-en-scène intense ».

Le spectacle est drôle et sensuel. Rose a la répartie rapide, l'ironie sans méchanceté et un appétit intact pour le désir, pour la liberté, pour l'idée qu'une histoire puisse encore commencer. C'est cette vitalité qui donne au récit sa charge : on ne suit pas une trajectoire annoncée, on accompagne une femme qui vit.

cndp

Déclaration N° : D-NL-189/2020

Dossier presse : 2022/02

Copyright ©Linformation.ma | Tous Droits Résérvés
Développé par WibDay
Server Error
500
Server Error